Randonneur avec baton marchant sur sentier de terre

Chemin Saint Jacques de Compostelle : quel itinéraire, combien d’étapes et de jours ?

Chaque année, des centaines de milliers de marcheurs prennent la route de la Galice. Le chemin Saint Jacques de Compostelle attire les croyants, les sportifs, les curieux et ceux qui veulent simplement couper avec le quotidien. Avant de partir, trois questions reviennent : quel itinéraire choisir, combien de temps prévoir et comment s’organiser sur place.

Qu’est-ce que le Chemin de Saint-Jacques de Compostelle ?

Le Chemin de Saint-Jacques est un ensemble de routes de pèlerinage qui convergent vers Saint-Jacques-de-Compostelle (Santiago de Compostela), en Galice, au nord-ouest de l’Espagne. La tradition place dans la cathédrale le tombeau de l’apôtre Jacques le Majeur. Dès le Moyen Âge, des pèlerins venus de toute l’Europe ont rejoint cette ville à pied, en suivant des routes qui passaient par les abbayes, les hôpitaux et les cités marchandes.

Il n’existe donc pas un seul chemin, mais un réseau. On parle de « chemins » de Compostelle au pluriel, car chaque pèlerin part de chez lui ou d’un point de départ symbolique. Le Camino francés, le plus fréquenté, et les itinéraires français qui l’alimentent ont été inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO. Les chemins du nord de l’Espagne l’ont rejoint plus tard.

Le symbole du pèlerinage est la coquille Saint-Jacques. Elle figure sur le balisage, sur les sacs des marcheurs et sur les bornes de pierre qui jalonnent le parcours. Suivre la coquille jaune sur fond bleu suffit en général pour ne pas se perdre.

Les grands itinéraires : Camino francés et chemins français

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Le Camino francés relie Saint-Jean-Pied-de-Port, au pied des Pyrénées, à Santiago, sur environ 780 kilomètres. C’est la route la plus équipée : les villages sont rapprochés, les albergues nombreuses, et on croise des marcheurs à chaque étape. Il prolonge en Espagne le GR65, aussi appelé Via Podiensis, qui part du Puy-en-Velay et traverse l’Aubrac, le Quercy et le Gers avant d’arriver à Saint-Jean-Pied-de-Port.

Sur le GR65, les étapes les plus connues sont Conques, Cahors, Lauzerte et Moissac. Le passage en Tarn-et-Garonne offre des bastides, un canal et le cloître de Moissac, l’un des chefs-d’œuvre de l’art roman. Les autres départs français, comme la Via Turonensis depuis Tours ou la Via Lemovicensis depuis Vézelay, rejoignent les Pyrénées par d’autres paysages.

En Espagne, plusieurs alternatives existent selon le temps disponible et le goût pour la côte, la montagne ou la solitude. Le tableau ci-dessous compare les principaux choix.

Itinéraire Départ Distance Durée à pied Niveau
GR65 (Via Podiensis) Le Puy-en-Velay environ 740 km 5 à 6 semaines Moyen à soutenu
Camino francés Saint-Jean-Pied-de-Port environ 780 km 30 à 35 jours Moyen
Camino del Norte Irun environ 820 km 5 à 6 semaines Soutenu
Camino portugués Porto environ 240 km 10 à 12 jours Facile à moyen
Camino primitivo Oviedo environ 320 km 12 à 14 jours Soutenu

Combien de temps et de kilomètres prévoir ? Comment choisir son parcours

Marcheur avec sac a dos sur chemin de terre

La base de calcul est simple : un marcheur en bonne condition parcourt entre 20 et 25 kilomètres par jour, avec un sac de 7 à 9 kilos. Sur le Camino francés complet, cela donne un mois à cinq semaines, jours de repos compris. Ceux qui ne disposent que de deux semaines choisissent plutôt un tronçon, comme León-Santiago ou Sarria-Santiago, ou un chemin plus court comme le Camino portugués depuis Porto.

Le choix dépend surtout de trois critères : le temps disponible, l’ambiance recherchée et la saison. Le Camino francés convient aux premiers départs, grâce à ses services et à sa fréquentation. Le Camino del Norte offre l’océan et des dénivelés plus marqués. Le GR65 plaît à ceux qui veulent commencer en France, avec des gîtes accueillants et un balisage très régulier.

Beaucoup de pèlerins font le chemin par morceaux, une semaine ou deux chaque année, en reprenant là où ils se sont arrêtés. C’est une façon réaliste de parcourir la Via Podiensis sans poser un mois de congés d’un coup.

Comment le faire : étapes, hébergements et services

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Les étapes se découpent le plus souvent selon les villages équipés d’un hébergement. En Espagne, les albergues sont des dortoirs pour pèlerins : comptez entre 8 et 15 € la nuit dans les établissements municipaux ou associatifs, un peu plus dans le privé. On y trouve des cuisines, une machine à laver et un tampon à ajouter à sa credencial. En France, les gîtes d’étape et les chambres d’hôtes proposent souvent la demi-pension, autour de 35 à 45 € avec le dîner et le petit-déjeuner.

La saison compte autant que l’itinéraire. Le printemps (avril à juin) et le début de l’automne (septembre, octobre) offrent un bon compromis entre températures et disponibilité des lits. En juillet et août, la chaleur et l’affluence rendent la réservation presque indispensable sur les dernières étapes avant Santiago. L’hiver est possible, mais certains hébergements ferment.

Préparer son départ

La préparation tient en quelques points précis, que l’on règle quelques semaines avant :

  • la credencial, le « passeport du pèlerin », obtenue auprès d’une association jacquaire ou d’un point d’accueil au départ ;
  • des chaussures déjà rodées, deux paires de chaussettes techniques et une veste de pluie légère ;
  • un sac qui ne dépasse pas 10 % du poids du corps ;
  • une assurance voyage et la carte européenne d’assurance maladie pour l’Espagne.

Mieux vaut s’entraîner avec plusieurs sorties de 15 à 20 kilomètres consécutives. Les ampoules et les tendinites sont la première cause d’abandon, bien avant le manque de motivation.

Arriver à Compostelle et obtenir la Compostela

Pelerin au sac a dos devant la cathedrale

L’arrivée à Santiago se fait en général par la place de l’Obradoiro, devant la façade de la cathédrale. Les pèlerins s’y arrêtent, s’embrassent ou restent silencieux, souvent après plusieurs semaines de marche. Le bureau d’accueil des pèlerins, à quelques rues de là, délivre la Compostela, le certificat écrit en latin qui atteste du parcours.

100 km à pied, 200 km à vélo : le minimum pour la Compostela

Pour obtenir le certificat, il faut avoir parcouru au moins les 100 derniers kilomètres à pied ou à cheval, ou les 200 derniers à vélo. Sur cette portion, la credencial doit porter deux tampons par jour. Un pèlerin qui part de Sarria (environ 115 km) valide donc exactement les conditions.

Le bureau demande la credencial tamponnée tout au long du chemin ainsi qu’une pièce d’identité. La démarche est gratuite pour la Compostela, avec une participation facultative pour un certificat de distance. En haute saison, prévoyez une à deux heures d’attente, et évitez d’arriver juste avant la fermeture.

La plupart des pèlerins assistent ensuite à la messe du pèlerin à la cathédrale, où l’on peut voir le grand encensoir, le botafumeiro, quand il est mis en action. Certains poursuivent trois ou quatre jours de marche jusqu’à Finisterre, sur la côte atlantique, là où l’on avait coutume de brûler ses vêtements de route.

Le chemin Saint Jacques de Compostelle se prépare avec méthode, mais il se vit surtout au jour le jour. Un itinéraire choisi selon son temps et sa forme physique, une credencial bien tamponnée et un rythme régulier suffisent à rejoindre Santiago, qu’on parte du Puy-en-Velay, de Saint-Jean-Pied-de-Port ou de Sarria.

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