Offerte à Noël ou achetée en pot à l’automne, l’amaryllis (de son vrai nom Hippeastrum) a la réputation d’être une plante jetable. C’est une erreur : le bulbe peut fleurir pendant des dizaines d’années, à condition de respecter son rythme. Le même raisonnement vaut pour les autres plantes de Noël, à commencer par l’entretien du poinsettia après Noël. L’entretien de l’amaryllis tient en trois idées : peu d’eau pendant la floraison, beaucoup de lumière et d’engrais pendant la pousse du feuillage, puis une vraie période de repos avant la reprise.
Arrosage et engrais de l’amaryllis
Au départ, le bulbe n’a presque pas besoin d’eau. Tant que la hampe florale n’a pas atteint une dizaine de centimètres, un arrosage léger toutes les semaines suffit. Une fois la tige lancée, vous passez à un arrosage modéré : attendez que les 2 à 3 cm de substrat en surface soient secs avant de remettre de l’eau.
Versez l’eau au pied de la plante, sans mouiller le haut du bulbe, et videz la soucoupe ou le cache-pot après un quart d’heure. Un bulbe qui reste les pieds dans l’eau pourrit en quelques semaines, c’est la première cause de perte. Une eau à température ambiante, de préférence peu calcaire, convient très bien.
L’engrais n’a aucun intérêt pendant la floraison. Il sert à reconstituer les réserves du bulbe, donc à alimenter le feuillage qui pousse après les fleurs. Apportez un engrais liquide pour plantes à fleurs (plutôt riche en potasse) toutes les deux semaines, de la fin de la floraison jusqu’à la fin de l’été.
Emplacement : lumière, température et humidité
L’amaryllis aime la lumière vive, mais pas le soleil brûlant derrière une vitre en plein été. Pendant la floraison, une fenêtre lumineuse suffit. Tournez le pot d’un quart de tour tous les deux ou trois jours : la hampe cherche la lumière et finit sinon par pencher.
Côté température, 18 à 22 °C conviennent pour déclencher la floraison. Une fois les fleurs ouvertes, une pièce plus fraîche (15 à 18 °C) les fait durer plus longtemps, parfois trois semaines de plus. Éloignez le pot des radiateurs et des courants d’air froid.
L’humidité ambiante n’est pas un sujet pour cette plante. L’air sec d’un salon chauffé ne la gêne pas, inutile donc de la vaporiser, ce qui risquerait même de favoriser les maladies du bulbe.
Le calendrier de l’amaryllis, mois par mois

Voici la trame à suivre de l’achat jusqu’à la floraison suivante. Les dates varient de quelques semaines selon votre intérieur, mais l’ordre des étapes reste le même.
| Période | Ce que vous faites |
|---|---|
| Décembre à février | Floraison : arrosage modéré, pièce lumineuse, pas d’engrais |
| Février à mars | Coupe de la hampe fanée, début des apports d’engrais |
| Avril à mai | Rempotage si nécessaire, plein jour, arrosage régulier |
| Juin à août | Pot à la mi-ombre (dehors ou sur un balcon), engrais toutes les 2 semaines |
| Septembre | Arrêt de l’engrais puis de l’arrosage, le feuillage jaunit |
| Octobre à novembre | Repos au sec, au frais (10 à 13 °C) et à l’abri de la lumière |
| Fin novembre à décembre | Reprise : substrat frais, un premier arrosage, place au chaud |
Après la floraison : repos, taille et rempotage
Quand les fleurs fanent, coupez la hampe florale à 2 ou 3 cm au-dessus du bulbe, mais ne touchez pas au feuillage. Les longues feuilles vertes captent l’énergie qui nourrira la floraison suivante. Gardez la plante en pleine lumière et reprenez les apports d’engrais.
Début septembre, espacez puis stoppez l’arrosage. Les feuilles jaunissent et se flétrissent : c’est normal. Coupez-les une fois sèches, puis rangez le pot dans un endroit frais, sec et sombre (cave saine, garage hors gel) pendant huit à dix semaines. Ce repos est indispensable, car il prépare le bulbe à émettre de nouvelles hampes.
Le rempotage se fait tous les deux ou trois ans, en fin de repos ou au printemps. Choisissez un pot seulement 2 à 3 cm plus large que le bulbe, avec un bon drainage (trous au fond, billes d’argile en couche de base). Utilisez un terreau léger, mélangé à du sable ou de la perlite, et laissez le tiers supérieur du bulbe hors du substrat. Entre deux rempotages, renouvelez simplement les 3 à 4 cm de terreau en surface.
Faire refleurir son amaryllis
Au bout du repos, sortez le pot et déposez-le dans une pièce chaude et lumineuse, autour de 20 à 22 °C. Arrosez une première fois avec parcimonie : cette eau donne le signal du réveil. Un bulbe sain montre une pointe verte en une à trois semaines, et les fleurs s’ouvrent environ six à huit semaines après la reprise.
Pour décaler la floraison, c’est ce forçage qui compte, un principe qui vaut aussi pour la refloraison du cactus de Noël. Reprenez le bulbe début novembre pour des fleurs à Noël, mi-décembre pour une floraison en février. Si la hampe tarde, un coup de chaud au pied du pot (sur une étagère au-dessus d’un radiateur, mais sans contact direct) accélère souvent les choses.
Pourquoi mon amaryllis ne refleurit pas : les 4 causes les plus fréquentes
Un repos trop court ou trop chaud, un feuillage coupé trop tôt, un manque de lumière en été, ou un bulbe encore trop petit (moins de 8 cm de diamètre). Corrigez la cause suivante dans l’ordre : repos, feuillage, lumière, puis patience, car un jeune bulbe peut mettre deux saisons à fleurir.
Résoudre les problèmes courants

Un bulbe mou, qui sent mauvais ou qui se couvre de moisissure signale une pourriture, presque toujours due à un excès d’arrosage. Sortez-le du pot, retirez les parties molles avec un couteau propre, laissez cicatriser deux jours à l’air, puis rempotez-le dans un terreau neuf et sec.
Des taches rouges sur le bulbe ou les feuilles révèlent un champignon bien connu des amaryllis. Coupez les parties atteintes, aérez la plante et évitez de mouiller le feuillage. Des feuilles qui jaunissent en pleine saison de pousse indiquent plutôt un excès d’eau ou un pot sans drainage.
Si la hampe se courbe ou s’effondre, le manque de lumière en est la cause. Rapprochez le pot de la fenêtre et tuteurez la tige avec un bambou. Enfin, gardez en tête que le bulbe est toxique pour les chats et les chiens : placez-le hors de portée des animaux.

Passionné de potager, de jardin et de vie pratique à la maison, Allan partage des conseils concrets pour cultiver, entretenir son extérieur, mieux vivre chez soi et découvrir les villes et quartiers où l’on aime s’installer.


