Les habitants de l’Inde se nomment les Indiens. Au féminin, on dit une Indienne, et le pluriel se forme comme pour la plupart des adjectifs de nationalité : des Indiens, des Indiennes. Ce gentilé dérive directement du nom du pays, mais il sert aussi d’adjectif, ce qui explique qu’on parle de la cuisine indienne ou du cinéma indien. Le mot se heurte pourtant à deux confusions fréquentes, l’une avec « hindou », l’autre avec les Amérindiens.
Le gentilé : Indien, Indienne
Le gentilé s’écrit avec une majuscule quand il désigne une personne : un Indien, une Indienne. Quand il qualifie une chose, un plat ou une tradition, il redevient un adjectif et s’écrit en minuscule : un thé indien, une fête indienne. Cette nuance d’orthographe est l’une des erreurs les plus courantes.
L’Inde est aujourd’hui le pays le plus peuplé de la planète, avec environ 1,4 milliard d’habitants. Ils vivent dans la république de l’Inde, dont la capitale est Nouvelle-Delhi, sur un territoire qui occupe une grande partie du sous-continent indien. Le terme Indien couvre pourtant des réalités très diverses : un Tamoul du Tamil Nadu et un Sikh du Pendjab sont tous deux indiens, sans parler la même langue ni pratiquer la même religion. Le gentilé désigne donc une appartenance nationale, et non un groupe ethnique ou religieux, comme l’illustre aussi le gentilé des habitants de Dubaï.
Indien ou hindou : quelle différence ?
C’est la confusion la plus répandue. Indien renvoie à une nationalité ou à une origine : est indien celui qui a la citoyenneté de la république de l’Inde, ou qui en est originaire. Hindou renvoie à une religion, l’hindouisme, et à ceux qui la pratiquent. Un Indien peut être musulman, chrétien, sikh, bouddhiste, jaïn ou athée, tandis qu’un hindou peut vivre au Népal, au Sri Lanka ou à Maurice sans être indien du tout.
Le réflexe à garder est simple : on dit Indien pour évoquer la nationalité d’une personne, et hindou pour évoquer sa religion. Utiliser hindou pour désigner tous les habitants du pays reviendrait à qualifier un Français de catholique, ce qui n’a aucun sens. L’adjectif hindou s’emploie aussi pour la culture, les temples ou la littérature religieuse, mais ce n’est pas un synonyme du gentilé.
Idée reçue : tous les Indiens sont hindous
Selon le dernier recensement complet, près de 80 % de la population se déclare hindoue, ce qui laisse une part importante de musulmans, de sikhs, de chrétiens et de bouddhistes. Confondre les deux termes revient donc à effacer une partie de la population.
D’où vient le nom « Inde » et pourquoi dit-on « les Indes » ?

Le mot Inde remonte au fleuve Indus, qui coule notamment au Pakistan et dont le nom vient du sanskrit Sindhu. Les Perses, qui ont longtemps dominé la région, désignaient la terre située au-delà du fleuve sous le nom de Hind. Les Grecs en ont tiré Indos, puis les Romains India, et la forme s’est transmise jusqu’aux langues européennes. Le nom désigne donc, à l’origine, un territoire défini par rapport à un cours d’eau plutôt qu’un État.
Le pluriel « les Indes » vient du latin Indiae et a longtemps désigné un ensemble bien plus vaste que l’actuelle république. Les Européens parlaient des Indes orientales pour l’Asie du Sud et du Sud-Est, et des Indes occidentales pour les Caraïbes et l’Amérique. Aujourd’hui, l’usage a évolué : on dit l’Inde pour le pays, et les Indes pour les expressions historiques, comme les Indes orientales ou les Indes néerlandaises.
Ne pas confondre avec les Amérindiens
Le second piège vient de l’histoire des découvertes. Persuadé d’avoir atteint les Indes en traversant l’Atlantique, Christophe Colomb appela Indiens les peuples qu’il rencontra dans les Caraïbes. L’erreur géographique a vite été reconnue, mais le nom est resté pour désigner les populations autochtones du continent américain.
Aujourd’hui, on parle d’Amérindiens dans la plupart des contextes francophones, ou de peuples autochtones et de Premières Nations au Canada. Employer Indien pour désigner ces populations est considéré comme dépassé et peut être mal reçu. Dans un texte sur l’Inde, le plus sûr est donc de réserver Indien aux habitants du pays et de garder Amérindien pour les peuples d’Amérique.
Pour retenir l’essentiel, un habitant de l’Inde est un Indien ou une Indienne, quelle que soit sa religion ou sa langue. Hindou qualifie une religion, et les Indes renvoient surtout à l’histoire.
Hari partage son amour du jardin à travers des articles clairs et pratiques, pensés pour guider chaque lecteur pas à pas. Avec une écriture simple et précise, elle partage des repères pratiques sur les plantes, le potager et l’entretien du jardin, pour aider chacun à cultiver un espace verdoyant et inspirant.

