Le marcottage est une méthode végétative permettant de créer de nouvelles plantes génétiquement identiques à la mère en stimulant la formation de racines sur des parties aériennes. Cette pratique, utilisée depuis l’Antiquité, s’avère particulièrement efficace pour les espèces ligneuses difficiles à bouturer. Dans cet article, nous explorons les méthodes les plus courantes, les plantes adaptées et les conseils pour réussir cette technique.
Les méthodes de marcottage
Le marcottage en serpenteau
Cette technique consiste à plier plusieurs fois la tige de la plante mère contre le sol pour créer plusieurs points de contact avec la terre. Les racines se développent naturellement à chaque endroit où la tige repose sur le sol.
Plantes concernées : bignone, glycine, mûrier, houx, osmanthe et aristoloche.
Avantages :
- Permet de multiplier plusieurs marcottes sur un seul pied.
- Idéal pour les plantes grimpantes ou les arbustes à tiges souples.
- Moins de matériel nécessaire comparé aux autres méthodes.
Le marcottage en butte
Adapté aux fruitiers et porte-greffes, cette méthode implique de tailler la plante en hiver pour stimuler la pousse de nouveaux rameaux. Au printemps, on entoure ces rameaux d’un mélange de sable et de terre pour favoriser la rhizogenèse.
Étapes clés :
- Rabattre la plante à 10 cm en hiver.
- Attendre la formation de nouveaux rameaux (10 cm de longueur).
- Former une butte autour des rameaux avec un substrat drainant.
- Attendre un an avant de séparer les marcottes.
Le marcottage aérien
La méthode la plus répandue, elle consiste à créer une incision longitudinale sur une branche pour interrompre le flux de sève. Un sachet plastique maintient l’humidité nécessaire à la formation des racines.
Procédure détaillée :
- Choisir une branche : Privilégiez des rameaux de l’année, bien ligneux mais encore souples.
- Pratiquer l’incision : Faire une entaille de 5 cm dans le sens de la longueur.
- Appliquer un hormone de bouturage : Enduire la zone incisée pour stimuler la rhizogenèse.
- Installer le sachet : Fixer un sac plastique rempli de mousse humide sous l’incision.
- Surveiller les racines : Vérifier régulièrement le développement à travers le plastique.
Plantes adaptées : lilas, érable, figuier, dracaena, philodendron et hibiscus.

Les plantes adaptées au marcottage
Les espèces ligneuses
Les arbres et arbustes à bois dur bénéficient particulièrement de cette technique. Exemples : lilas, érable, laurier-rose et hamamélis.
Les plantes grimpantes
Les glycines, bignonias et mûriers se multiplient facilement en serpenteau grâce à leurs tiges flexibles.
Les plantes d’intérieur
Certaines espèces comme le philodendron ou la dracaena peuvent être marcottées en aérien pour créer de nouveaux sujets.
Les astuces pour réussir le marcottage
Le choix du moment
Privilégiez la fin de l’été ou le début de l’automne pour maximiser les chances de réussite. À cette période, les plantes stockent leurs réserves nutritives, favorisant la rhizogenèse.
La gestion de l’humidité
Maintenez un taux d’humidité élevé (70-80 %) dans le sachet ou le substrat. Évitez tout excès d’eau pour prévenir la pourriture.
La sélection des matériaux
Utilisez un sachet plastique transparent pour surveiller visuellement la formation des racines. Pour les méthodes en butte, privilégiez un mélange sable/terre (50/50) pour son drainage optimal.
Les erreurs à éviter
Une incision mal pratiquée
Une entaille trop profonde ou mal positionnée peut endommager la sève et affaiblir la plante mère. Limitez-vous à 5 cm de longueur.
Un substrat inadapté
Évitez les terres trop lourdes ou compactes. Le sable seul est déconseillé en raison de son manque de nutriments.
Un sevrage prématuré
Attendez au moins 6 mois pour les marcottes aériennes et 1 an pour les méthodes en butte avant de séparer les nouveaux sujets.
Les avantages du marcottage
Une multiplication économique
Contrairement au greffage ou à l’achat de plants, le marcottage permet de créer des centaines de nouveaux sujets à moindre coût.
Une reproduction fidèle
Les plantes issues du marcottage conservent toutes les caractéristiques de la mère, y compris la résistance aux maladies ou la floraison précise.
Une alternative aux boutures
Pour les espèces récalcitrantes au bouturage (comme le lilas ou le figuier), le marcottage offre une solution fiable.
Le marcottage reste une technique polyvalente et accessible pour les jardiniers amateurs comme les professionnels. En maîtrisant les méthodes adaptées à chaque espèce et en respectant les règles de base (humidité, timing, substrat), il devient possible de multiplier efficacement ses plantes préférées. Expérimentez avec des espèces ligneuses ou grimpantes pour découvrir les joies de cette pratique millénaire.
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