Depuis le 7 juillet 2025, une interdiction formelle de couper et transporter du bois s’applique sur tout le territoire national, selon une mesure annoncée par le ministère de l’Écologie et du Développement durable (MEDD). Cette décision exceptionnelle vise à répondre à une crise environnementale, mais elle soulève des questions sur son impact économique et son application pratique.
Une mesure exceptionnelle pour protéger les forêts
Cette suspension temporaire, jusqu’en septembre 2025, concerne toutes les coupes, qu’elles soient réalisées par des professionnels ou des particuliers. L’objectif affiché est de préserver les écosystèmes forestiers face à une pression accrue, notamment liée à la demande en biomasse et aux sécheresses répétées.
Les professionnels de la filière bois dénoncent toutefois un manque de préparation, certains chantiers étant déjà engagés. Les exploitants forestiers et scieries doivent reporter leurs activités, sous peine de sanctions administratives.
Les conséquences pour les professionnels et particuliers
Pour les particuliers, cette interdiction ne concerne pas le ramassage de bois mort, mais strictement les coupes sur arbres sur pied. Les propriétaires de forêts privées doivent donc vérifier leur statut juridique avant toute intervention.
Les collectivités locales et services préfectoraux sont chargés de faire respecter cette mesure, avec des contrôles renforcés sur les chantiers et les transports de bois.
Le nouveau règlement européen RDUE
Le Règlement (UE) 2023/1115 (RDUE) entre en vigueur progressivement à partir de fin 2024, imposant de nouvelles obligations aux opérateurs de la filière bois. Ce texte européen vise à lutter contre la déforestation mondiale en encadrant strictement la traçabilité des produits ligneux.
Trois critères obligatoires pour la commercialisation du bois
Pour être mis sur le marché européen, le bois doit désormais remplir trois conditions cumulatives :
- Zéro déforestation/zéro dégradation : Aucune coupe ne peut être réalisée dans des zones forestières intactes depuis le 31 décembre 2020.
- Légalité de la récolte : Respect des lois nationales du pays de production, y compris les autorisations préfectorales.
- Diligence raisonnée : Documentation systématique des chaînes d’approvisionnement, via un système européen centralisé.
Les opérateurs concernés incluent scieries, exploitants forestiers et même propriétaires vendant leur bois en bord de route.
Calendrier d’application différencié selon la taille des entreprises
Le RDUE s’applique en deux phases :
- 30 décembre 2025 : Entreprises de taille moyenne et grande.
- 30 décembre 2026 : Petites et micro-entreprises.
Cette gradation vise à éviter un choc économique pour les structures les plus fragiles, tout en garantissant une mise en conformité progressive.

Les règles locales et départementales
Les réglementations varient selon les territoires, avec des seuils de déclaration et d’autorisation fixés par arrêtés préfectoraux. Ces mesures s’ajoutent aux contraintes nationales et européennes.
Seuils de déclaration et d’autorisation
En l’absence de Plan Simple de Gestion (PSG), toute coupe supérieure à 1 hectare enlevant plus de 50 % du volume des arbres nécessite une autorisation préfectorale.
Les seuils de reconstitution sont également stricts : dès 0,5 hectare de coupe rase, le propriétaire doit rétablir l’état boisé.
Cas particuliers des espaces boisés classés (EBC)
Dans les zones EBC (espaces boisés classés), les coupes sont soumises à des procédures spécifiques :
- Dispense de déclaration pour les petites coupes, selon les arrêtés préfectoraux.
- Autorisation obligatoire pour les opérations importantes, avec évaluation de leur impact environnemental.
Les PLU (Plans Locaux d’Urbanisme) jouent un rôle clé dans la définition de ces règles, en lien avec les objectifs du Grenelle de l’Environnement.
Les sanctions et contrôles
Les infractions à la réglementation peuvent entraîner des sanctions administratives et pénales, avec des montants variables selon la gravité des manquements.
Risques juridiques et financiers
Les contrevenants s’exposent à :
- Amendes pour non-respect des autorisations ou déclarations.
- Retraits de marchés pour les professionnels en infraction avec le RDUE.
- Responsabilité civile en cas de dommages environnementaux.
Les services préfectoraux (DDT, DRAAF) sont chargés de contrôler les chantiers et les documents de traçabilité, avec des visites inopinées.
Conseils pratiques pour les propriétaires
Anticiper les coupes et vérifier les documents de gestion sont essentiels pour éviter les sanctions. Voici les étapes clés :
Vérifier les documents de gestion
- Plan Simple de Gestion (PSG) : Permet de réaliser des coupes sans autorisation préalable, sous réserve de respecter les prévisions.
- Arrêtés préfectoraux : Consultez les seuils de déclaration et d’autorisation applicables à votre département.
Anticiper les coupes et respecter les délais
- Prévoir les coupes dans le cadre du PSG, avec une flexibilité de ±4 ans sur les échéances.
- Déclarer ou demander une autorisation pour les opérations dépassant les seuils, en fournissant les justificatifs requis.
La réglementation des coupes de bois est en pleine mutation, avec des mesures nationales, européennes et locales qui se superposent. Si la suspension temporaire de juillet 2025 vise à protéger les forêts, elle impose aux acteurs de la filière une adaptation rapide. Le RDUE, quant à lui, redéfinit les règles du jeu pour les années à venir, en imposant une traçabilité renforcée.
Les propriétaires et professionnels doivent désormais naviguer dans un maquis réglementaire complexe, où chaque coupure nécessite une préparation minutieuse. Les enjeux économiques et environnementaux justifient cette rigueur, mais soulèvent aussi des défis d’application concrète.
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